Depuis que je travaille sur le marché de Crest-Voland et Notre-Dame-de-Bellecombe, j'ai vu passer beaucoup de réformes fiscales. Celle-là, je ne peux pas vous dire que c'est du détail. La loi Le Meur (loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024), complétée par la loi de finances 2025, modifie en profondeur les règles du LMNP et des meublés touristiques. Elle mérite qu'on en parle sérieusement, chiffres à l'appui.

Ce n'est pas une raison de paniquer. Mais c'est une raison de bien relire votre stratégie patrimoniale.

1. Pourquoi cette réforme ?

Le législateur a voulu répondre à un phénomène réel : dans les stations de montagne comme dans les villes côtières, la multiplication des meublés de tourisme (Airbnb et assimilés) a réduit l'offre de logements permanents et contribué à la hausse des prix. Des communes comme Annecy, Megève ou Chamonix se sont retrouvées avec des centres-villes vidés de leurs habitants.

Le Val d'Arly n'est pas épargné. À Crest-Voland et Notre-Dame-de-Bellecombe, plus de 80 % des logements sont des résidences secondaires. La loi Le Meur cherche à rééquilibrer cette réalité — au prix d'un impact fiscal direct sur les investisseurs.

2. Ce qui change pour la fiscalité des meublés

La réforme touche d'abord les seuils du régime micro-BIC et les taux d'abattement. Les changements sont significatifs selon que votre bien est classé ou non.

CatégorieAvant (jusqu'en 2024)Après (depuis 2025)
Meublé tourisme non classé
Plafond micro-BIC : 77 700 €
Abattement : 50 %
Plafond micro-BIC : 15 000 €
Abattement : 30 %
Meublé tourisme classé ⭐
Plafond micro-BIC : 188 700 €
Abattement : 71 %
Plafond micro-BIC : 77 700 €
Abattement : 50 %
Chambres d'hôtes
Abattement : 71 %
Abattement : 50 %
⚠️ Point critique pour les non classés

Un meublé non classé dont les recettes dépassent 15 000 €/an ne peut plus bénéficier du micro-BIC. Il bascule obligatoirement au régime réel. Pour un studio loué 800 €/semaine en haute saison (recettes ~25 000 €/an), l'impact est immédiat.

La classification touristique : désormais indispensable

Dans ce contexte, faire classer son bien (1 à 5 étoiles) par un organisme agréé n'est plus une option confort, c'est une nécessité fiscale. Le coût d'une visite de classement est modeste (quelques centaines d'euros) ; le gain fiscal, lui, est réel. Je vous accompagne volontiers dans cette démarche sur le secteur Crest-Voland / Val d'Arly.

3. La bombe silencieuse : la réintégration des amortissements

C'est le changement le plus structurant de la réforme, et le moins bien compris. Depuis le 15 février 2025 (loi de finances 2025, art. 150 VB du CGI), les amortissements déduits fiscalement pendant la période de location meublée sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente du bien.

Le mécanisme, simplement expliqué

Avant, un LMNP au régime réel déduisait chaque année l'amortissement du bien de ses revenus locatifs, réduisant son imposition. Lors de la revente, ces amortissements n'entraient pas dans le calcul de la plus-value — c'était l'un des grands avantages du statut.

Depuis le 15 février 2025, la formule change :

📊 Nouvelle formule de calcul de la plus-value LMNP

Prix de vente400 000 €
Prix d'acquisition initial325 000 €
Amortissements déduits sur 10 ans- 65 000 €
Base de calcul (prix d'acq. - amortissements)260 000 €
Plus-value imposable (avant abattements)140 000 € vs 75 000 € avant
⚠️ Rétroactivité : les amortissements antérieurs à 2025 sont aussi concernés

La mesure s'applique à toutes les cessions réalisées à compter du 15 février 2025, quelle que soit la date de mise en location. Les amortissements pratiqués depuis 2010, 2015 ou 2020 sont donc réintégrables lors d'une vente aujourd'hui.

Les exceptions importantes

La réintégration des amortissements ne s'applique pas aux résidences de services (résidences étudiantes, EHPAD, résidences seniors, résidences pour personnes handicapées). Si vous détenez un bien dans ce type de résidence gérée et êtes au régime réel, vos amortissements restent hors champ de la réforme à la revente.

4. DPE obligatoire et calendrier énergétique

La loi Le Meur impose un calendrier d'interdiction progressive des logements énergivores pour les meublés de tourisme :

DateClasse DPE interdite en location touristique
Dès 2025Classe G — déjà interdits
2028Classe F — interdits à la location
2034Classe E — interdits à la location

À Crest-Voland et Notre-Dame-de-Bellecombe, le parc ancien (chalets de montagne construits dans les années 1970-1990) présente souvent des DPE entre D et F. Si vous êtes propriétaire d'un bien en classe F ou G, la question de la rénovation énergétique n'est plus seulement patrimoniale — c'est une obligation opérationnelle.

💡 L'avantage du neuf VEFA dans ce contexte

Un appartement neuf livré en 2028 (comme les T2/T3 du programme Chalet Varoche à Crest-Voland) affiche mécaniquement un DPE en classe A ou B. Aucune contrainte énergétique à anticiper pendant 10-15 ans au minimum.

5. Impact concret à Crest-Voland — mon analyse terrain

Concrètement, que change cette réforme pour un investisseur qui achète ou détient un bien dans le Val d'Arly ?

Pour les détenteurs actuels de LMNP (avant 2025)

La stratégie de sortie change. Si vous déteniez un bien depuis 10 ou 15 ans en LMNP régime réel et envisagiez de vendre, le calcul de la plus-value nette a évolué défavorablement. Deux leviers restent pertinents : les abattements pour durée de détention (exonération totale à 22 ans pour l'IR, 30 ans pour les prélèvements sociaux) et le réinvestissement via d'autres dispositifs patrimoniaux. Dans tous les cas, un bilan patrimonial chiffré s'impose avant toute décision de cession.

Pour les nouveaux acquéreurs

Le LMNP reste intéressant, mais l'équation fiscale évolue. Quelques repères :

  • Le régime réel reste pertinent si votre tranche marginale d'imposition est élevée et si le bien génère des charges réelles importantes (travaux, intérêts d'emprunt)
  • La classification de votre meublé (1 à 5 étoiles) est désormais incontournable pour accéder aux seuils micro-BIC favorables
  • Pour un bien neuf VEFA, les garanties décennale et biennale limitent les charges d'entretien les premières années
  • Anticiper la durée de détention : moins de 22 ans, la plus-value reste taxée sur une assiette plus large qu'avant

Ce qui ne change pas

Le Val d'Arly reste un marché à double saisonnalité (hiver ski, été randonnée) avec un taux d'occupation réel supérieur à beaucoup d'autres destinations. Les prix au m² à Crest-Voland et Notre-Dame-de-Bellecombe restent accessibles comparés à Megève ou Chamonix. Et la demande locative touristique, elle, ne faiblit pas.

6. Mes recommandations pour le Val d'Arly

✅ Ce que je conseille à mes clients en 2025-2026

1. Faites classer votre bien si ce n'est pas fait — c'est la première action concrète. 2. Si vous envisagez de vendre, chiffrez la plus-value avec réintégration avant de décider. 3. Pour un premier achat locatif en station, privilégiez le neuf (DPE A/B, frais notaire réduits VEFA) ou un bien récent bien isolé. 4. Consultez un comptable spécialisé LMNP pour valider votre régime fiscal (micro-BIC ou réel) selon votre situation personnelle.

Je ne suis pas notaire, ni comptable. Mais après 10 ans sur ce marché, je sais lire les tendances. Cette réforme durcit les conditions — elle ne ferme pas la porte à l'investissement locatif en montagne. Elle demande simplement d'investir avec plus de rigueur et de conseil.

Si vous souhaitez parler de votre projet — achat, cession, optimisation du parc existant — je suis disponible du lundi au samedi. La conversation est gratuite, et elle vous fera peut-être éviter une erreur coûteuse.

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Jean-Pierre CLÉMENT Mandataire immobilier MeilleursBiens · Savoie depuis 2015
Spécialiste Val d'Arly, Crest-Voland, Notre-Dame-de-Bellecombe